Comment devenir copywriter ? Découvrez le métier de concepteur-rédacteur !
Guillaume Coudert
Guillaume Coudert, auteur et expert carrière à Glassdoor | 26 mars 2021
Le métier de copywriter existe depuis des décennies. S’il explose dans les années 50 avec la montée de la société de consommation, l’écriture persuasive a toujours été importante.
Programme politique, idées religieuses, catalogue des marchands ambulants : les mots pour persuader nous entourent depuis toujours.
La figure du copywriter, le « concepteur-rédacteur » (CR) en français dans le texte, c’est Don Draper, le héros de Mad Men, la série sur la publicité.
Bon vendeur, habile en société, il trouve les mots qui font vendre et sait convaincre ses clients d’acheter les campagnes de publicité qu’il conçoit pour eux.
Avec l’avènement d’internet et des réseaux sociaux, le copywriting a-t-il beaucoup changé ? Comment devenir rédacteur publicitaire en 2021 ? Quel niveau de salaire pour un bon copywriter en France ?
Rencontres avec 3 copywriters aux profils variés.
Combien gagne un copywriter ?
C’est une bonne situation, ça, scribe ?
Entre le copywriter débutant, le junior, ou le sénior, il peut y avoir un grand écart de salaire.
Tout dépend de l’expérience du copywriter (les années d’ancienneté, le renom des agences, les awards gagnés au fil des ans).
D’après les informations que nous avons récoltées sur Glassdoor, le salaire moyen d’un copywriter s’élève à 37.000€.
Les meilleures formations pour devenir copywriter ?
Pour devenir un bon copywriter, la voie la plus rapide reste de faire une bonne école de publicité.
Chaque année, les classements évoluent, mais Sup de Pub, le Celsa, l’ISCOM ou Paris Dauphine restent en tête.
Outre l’aspect théorique, il est important que vous fassiez de la veille internationale lors des grands festivals d’awards publicitaires ainsi que sur des blogs et médias pub, afin de vous lancer avec les références en tête.
Vous trouverez aussi de nombreuses formations en ligne pour devenir copywriter, comme LiveMentor, Germinal ou Copywriting Express.
Nous avons recueilli les propos de 3 copywriters :
- Sélim Niederhoffer, auteur du Guide du Copywriting, paru chez Eyrolles
- Esteban Merlin, copywriter freelance qui a notamment remporté des Lions d’Or à Cannes (une des distinctions suprêmes dans la publicité) et des dizaines de récompenses.
- Guillaume Sabbagh, copywriter chez Publicis, Grand Prix à Cannes, Lions d’or et de bronze à Cannes. Pencil aux D&AD, et autres prix internationaux.
Comment avez-vous décidé de devenir copywriter ?
Sélim Niederhoffer
Je suis devenu copywriter sans le savoir vraiment. J’étais d’abord « créateur de contenu », simple rédacteur on va dire. Puis un jour, le fondateur d’un site m’a expliqué que si je voulais vraiment bien vivre de ma plume, il fallait que j’apprenne à vendre en ligne, et que cela passait par l’apprentissage du copywriting.
A la base, je me voyais chroniqueur, ou community manager, et pourquoi pas scénariste un jour. Découvrir la puissance des mots qui vendent a changé ma vie.
Esteban Merlin
Après une expérience de fac d’anglais fantomatique de 3 ans, 3 semaines de présences en tout pour moi, au cours duquel je faisais de la musique et je gagnais ma vie comme joueur de poker, sûrement aidé par la vision du film 99F ou de Ce que veulent les femmes (superbe présentation d’une campagne Nike dedans), c’était aussi le début de la série Mad Men, je me suis intéressé au métier, inscrit à l’école Sup de Pub, puis je suis devenu totalement passionné.
J’avais aussi en tête dès le départ que la pub pourrait me rapprocher de la musique.
Guillaume Sabbagh
J’ai été recruté en tant que planneur digital en agence. Certains créatifs m’ont gentiment laissé participer à leur phase de conception. Ça m’a tout de suite plu. Au bout d’un an j’ai demandé au patron de la création de passer CR. Il a accepté.
Peut-on devenir copywriter sans diplôme ?
Sélim Niederhoffer :
Je pense en effet qu’on peut devenir copywriter sans faire d’école de pub. Depuis Ogilvy, le pape de la publicité dans les années 60, les meilleurs copywriters ne sont pas ceux issus des plus grandes écoles, mais ceux qui ont une bonne perception de la psychologie humaine.
Un bon copywriter est curieux et s’intéresse à ses congénères : pas besoin de diplôme de journalisme ou d’avoir fait une fac de lettre pour écrire de bonnes pages de vente ou de bons sites vitrines.
Esteban Merlin :
Ça existe. On peut passer d’un job à l’autre en interne, la reconversion professionnelle est assez fluide. Un Community Manager qui devient CR, ou un DA voire un commercial qui devient CR ? J’ai des exemples en tête, chez BETC notamment. J’étais moi-même DA les 6 premiers mois. Je pense quand même que les écoles de pub permettent d’avoir une vision globale du game : on fait beaucoup de veille agences/annonceurs… On étudie les pubs qui déchirent, on fait des compétitions créa avec un brief comme les vraies agences, on a des intervenants qui sont vraiment des publicitaires actifs à qui on peut demander conseil.
Cela dit, il est indispensable de se former tout seul, d’être passionné, de ne pas compter sur l’école pour créer notre portfolio de copywriter, de faire des concours étudiants, de demander des conseils à des mentors (ce que j’ai fait avec des créatifs qui avaient gagné des lions à Cannes quand j’étais à l’école à qui j’envoyais mes créa d’étudiants et qui m’aiguillaient.)
Guillaume Sabbagh :
J’ai un diplôme de chef de projet web. Donc à priori oui.
Quel est le quotidien d’un copywriter ? Que fait un copywriter ?
Sélim Niederhoffer :
Mon quotidien se construit autour de 4 temps forts.
- La prospection, pour trouver des clients qui me plaisent.
- La rédaction pour mes clients déjà signés.
- La formation continue et la veille (je lis tout ce que je trouve sur la vente, le marketing et le copywriting), ainsi que de nombreux passages sur twitter pour sentir l’air du temps et trouver des idées.
- La vente de mes propres formations en copywriting, comme Copywriting Express, la formation pour devenir copywriter.
Esteban Merlin :
On commence la journée à 9h30/10h. On essaye de faire 1h de veille dans la journée. Tout y passe : les meilleurs clips, artistes, pubs, réal, boites de prod du moment, des livres, les sites d’awards publicitaires. (Il est important de ne pas faire sa veille sur les mêmes sites que les autres pour gagner en originalité dans sa créativité.)
C’est votre moteur pour créer le reste de la journée.
En général, nous avons plusieurs briefs créatifs en même temps. Disons 3.
Dans les 3 il y en a 2 qui font rentrer de l’argent et 1 qu’il faut bichonner car c’est une idée qui pourrait devenir un Cannes Lions si elle sort. Il faut tout donner sur chaque idée. Chaque projet, même pour une marque de Camembert est une opportunité pour se démarquer, créer quelque chose de fort, d’impactant, de créatif, de bon, d’innovant.
Dans la journée nous avons des réunions, des points créatifs avec le directeur de création pour voir où nous en sommes dans la recherche d’idées. Des points avec les commerciaux pour avoir les nouveaux briefs ou rebrief clients. Des points de production pour organiser la production de contenues publicitaires (le tournage d’un film, d’un shooting photo, etc..) et certains jours nous sommes en prod, nous assistons aux tournages, au montage, à la post production, au pressage en imprimerie, etc.
Guillaume Sabbagh :
Je passe ma journée à chercher des idées de campagnes publicitaires. Des films, des activations, des prints, des affiches. Et quand je les ai trouvées, je dois les scripter, de façon claire et efficace.
Quelles sont les compétences nécessaires pour réussir dans le copywriting et la publicité ?
Sélim Niederhoffer :
Je pense que la plus grande des qualités d’un copywriter est l’écoute, avant la créativité. Le plus important est d’écouter ce que nos clients ont à dire, veulent dire. L’écoute, la curiosité, et l’amour des mots font partie des compétences à développer pour devenir un bon copywriter.
Esteban Merlin :
Une excellente culture générale : les briefs sont divers et variés.
Une énorme curiosité : Lorsqu’on vous parle d’un nouveau produit dans un domaine loin de vous, il faut devenir une éponge et avaler le plus d’informations possibles sur le sujet, ce que fait la concurrence, le comportement des humains qui achètent le produit, etc.
Le souci du détail : Ce qui compte et fait la différence c’est le produit fini. L’amour de la belle formule, des mots justes et intelligents, du travail bien fait.
Du courage : On bosse énormément pour la poubelle. Le chemin que suit une idée, un scénario est semé d’embuches et parfois on sort uniquement 2 ou 3 campagnes fortes dans l’année et il faut savoir vivre avec.
Être souple et multitâche : Pour vous donner un exemple, en 1 an de pub j’ai fait ma première pub radio, mon premier film, j’ai créé une marque de pizza pour une chaine télé, j’ai créé une app de musique pour une compagnie aérienne française, un clip pour Sébastien Tellier, j’ai fait des bannières canalplus sport foot, des annonces Loto dans le journal, etc..
Le métier est riche de diversité, il faut apprendre, comprendre, se renouveler.
Chaque semaine peut être différente si vous êtes au bon endroit.
Les qualités humaines sont aussi très importantes.
Guillaume Sabbagh
Il faut être curieux. Il ne faut pas avoir peur de se prendre des murs, que ce soit des directeurs de créations ou des clients. Il ne faut pas avoir peur de recommencer et recommencer. Ne pas trop se prendre au sérieux. Rire. Beaucoup. Prendre du recul. Et toujours chercher la meilleure façon d’écrire les accroches, les histoires ou les dispositifs.
Quel est votre rôle au sein de l’entreprise ?
Sélim Niederhoffer :
En tant que gérant, je dois à la fois faire le travail de copywriter (j’adore écrire, ça tombe bien), mais je dois aussi me vendre, prospecter, répondre à des mails de prospects, alimenter le blog et la chaîne Youtube Les Mots Magiques, et trouver les bons collaborateurs pour des projets plus gros (designers, motion designers, media buyers etc…)
Esteban Merlin :
Je suis le garant des idées et des mots des campagnes de publicité sur lesquels on me briefe et je suis responsable de la production de ces idées avec une équipe composée d’un directeur artistique, d’un directeur de création et d’une équipe de stratèges/commerciaux/planneurs strat.
Guillaume Sabbagh
Mon rôle est de transformer des briefs clients en campagne créative.
Je dois trouver la meilleure façon d’exprimer le message que la marque veut faire passer, sur le support ou média que je trouve le plus adapté.
Comment est évalué un copywriter ?
Sélim Niederhoffer :
Mes clients m’évaluent simplement : est-ce que ma copie a permis de vendre ? Est-ce que mes séquences de mail vendent plus que les mails précédents ? Est-ce que les internautes ont cliqué sur les pubs Instagram que j’ai créées pour mon client ?
Si la stratégie et les mots fonctionnent, mes clients sont satisfaits et ils sont heureux de me payer cher.
Esteban Merlin :
Il est évalué sur la qualité de ses idées et de sa copy par le directeur de création mais aussi par les commerciaux, les clients, le public qui aime ou n’aime pas la campagne. Ce n’est pas facile tous les jours.
Guillaume Sabbagh :
Ce n’est pas une question évidente.
Il y a les prix que les créatifs peuvent recevoir tout au long de l’année dans les festivals. Ça te donne une idée du jugement de tes pairs sur ton travail.
Mais quand tu vois un film de pub à la télé par exemple, tu ne te dis pas forcément qu’il y a quelqu’un derrière qui a passé des heures à en écrire le script. On est pourtant jugé là-dessus en interne. On peut te dire « c’est bien écrit » ou « c’est mal écrit ».
Tu es également jugé sur l’efficacité de tes campagnes.
Si elles ont un impact positif sur les ventes, t’as fait le job.
Enfin, si on parle de slogans, les bons sont ceux que les gens retiennent.
Donc si tu es à l’auteur de Just Do It, on peut dire que tu n’es pas mauvais.
Quelle évolution de carrière pour le copywriter ?
Sélim Niederhoffer :
C’est une question que je me pose en ce moment. Faire grandir les Mots Magiques et recruter une team de copywriters ? Devenir une vraie agence de pub ? Ou me concentrer sur d’autres domaines, lancer des produits ? Qui vivra verra !
Esteban Merlin :
Les créatifs dont je m’inspire sont :
Pierre-Dominique Burgaud qui a réalisé des clips pour Mickey 3D, Diam’s, Alain Chamfort, qui a écrit le Soldat Rose (Cabrel, Mathieu Chedid, etc..) et des dizaines de chansons pour Voulzy, Hallyday, etc… tout en continuant de travailler en freelance ponctuellement sur des grosses campagnes et compétitions publicitaires.
Les WeAreFromLA, un team créatif de l’agence La Chose devenus réalisateurs de clips (Pharrell, Dua Lipa et Angèle, Cassius,) et de films de pubs et photographes.
Philippe Pollet-Villard, directeur artistique en team avec Rémy Babinet (le B de BETC) devenus écrivains, réalisateur et scénariste de films (Oscar et césar du court métrage pour Le Mozart des pickpockets)
Le copywriting est un pont et un moyen. Libre à vous de créer la vie que vous voulez vivre. Il n’est jamais trop tard pour changer de vie, de métier, de passions. On peut devenir écrivain ou réalisateur à 70 ans. On peut devenir qui on veut si on est déterminé et en action.
Il faut continuer d’apprendre tout au long de sa vie et suivre ce qui nous rend heureux. Il y a tant de choses à faire.
Guillaume Sabbagh :
En agence, la suite logique est de devenir directeur de création.
Mais ce n’est pas un job qui tente tout le monde. Certains créatifs préfèrent rester sur de la création pure sans avoir à manager d’autres créatifs ou aller vendre les campagnes chez le client.
Si la publicité vous tente, si vous voulez aider les entreprises à développer leur chiffre d’affaires, consultez nos offres d’emploi de concepteur-rédacteur !
Guillaume Coudert
Guillaume Coudert est un auteur expert sur le sujet de la carrière et de l'emploi pour le blog de Glassdoor.



